Après 20 ans d’attente, ils pourront enfin prescrire (vous allez halluciner)

Voilà une nouvelle qui va surprendre plus d’un patient et ravir bien des professionnels de santé. Après deux décennies d’attente, les infirmiers et infirmières vont voir leur rôle évoluer de façon spectaculaire. Avec un nouveau décret publié le 24 décembre 2025, ils accèdent enfin à des fonctions jusqu’ici réservées aux seuls médecins. Une petite révolution dans le monde médical… et dans la vie quotidienne de millions de Français.

Un décret historique pour la profession infirmière

Le décret du 24 décembre 2025, entré en vigueur au Journal Officiel, change fondamentalement les règles du jeu pour les infirmiers. Il devrait être appliqué intégralement d’ici le 30 juin 2026.

Ce texte fait suite à la loi de juin 2025 qui a redéfini les contours du travail infirmier. Depuis près de 20 ans, la liste de leurs actes autorisés n’avait pas été actualisée. Résultat : certains gestes du quotidien, comme des soins de plaies simples ou des prescriptions de base, les plaçaient parfois dans l’illégalité s’ils étaient faits sans validation d’un médecin.

Le porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers, Thierry Amouroux, l’exprime clairement : les infirmiers ne seront plus de simples exécutants d’actes techniques. Leur expertise clinique est enfin reconnue, y compris sur le plan légal.

Ce que les infirmiers pourront désormais faire

Concrètement, ce décret leur donne accès à de nouvelles prérogatives majeures, dans le respect de la coordination avec les médecins. Voici quelques-unes des principales avancées :

  • Prescrire certains produits de santé et examens complémentaires, selon leur champ de compétences et la situation clinique du patient
  • Réaliser une consultation infirmière complète, posant un diagnostic sur des affections simples
  • Soigner les plaies et brûlures légères sans prescription médicale, et en suivre l’évolution
  • Prendre en charge directement les patients dans le cadre de leur « rôle propre », c’est-à-dire sans avoir besoin d’un ordre médical préalable
À lire :  Contrat de travail saisonnier : heures minimum à respecter expliquées

Ces nouvelles compétences sont un gain de temps et de fluidité pour les patients, en particulier ceux qui vivent en zones rurales ou qui bénéficient de soins à domicile. Elles permettent aussi une meilleure reconnaissance de l’expérience clinique accumulée par les infirmiers, souvent au contact quotidien de centaines de patients.

Une collaboration renforcée avec les médecins

Si les infirmiers gagnent en autonomie, cette réforme n’abolit pas la collaboration avec les médecins. Le décret insiste sur la nécessité de travailler en synergie, dans toutes les étapes du parcours de soins. Cela inclut :

  • La coordination avec les généralistes pour les prescriptions et le suivi médical
  • La participation active aux réseaux professionnels incluant services sociaux, médico-sociaux et éducatifs
  • La traçabilité des soins effectués dans le dossier du patient

Le docteur Burel, président d’un syndicat de médecins libéraux en Seine-Maritime, voit cette réforme comme un soulagement : “Nous sommes débordés, mais favorables à déléguer certaines tâches, à condition que cela reste bien coordonné.”

Et maintenant ? Un peu de patience…

Attention toutefois : même si le décret est publié, ses effets concrets ne seront visibles qu’à partir de l’été 2026. En effet, il faut encore rédiger des arrêtés d’application précisant :

  • La liste exacte des actes relevant du rôle propre infirmier
  • Les produits de santé et examens qui peuvent être prescrits

Ce travail est en cours, porté par la ministre de la Santé Stéphanie Rist, qui insiste sur l’importance d’une « concertation sérieuse ».

Une reconnaissance qui change tout

Les témoignages recueillis près de Rouen, dans un reportage de France Télévisions, disent bien l’enthousiasme – mais aussi la prudence – des patients. Beaucoup saluent cette avancée, aussi bien pour le confort que pour la rapidité des soins. Mais certains s’interrogent : est-ce que les infirmiers auront vraiment le temps d’assumer ces nouvelles responsabilités, en plus de leur charge actuelle ?

À lire :  Métiers du vin : guide pour travailler dans la vigne et la cave

“Faut qu’elle puisse le faire aussi… Une infirmière qui galope, est-ce qu’elle n’oubliera pas certaines choses parce qu’elle n’a pas eu le temps ?” confie une patiente en soins à domicile.

La réforme est ambitieuse. Elle marque une nouvelle ère où l’infirmier ne se contente plus d’exécuter des ordres, mais devient un acteur central de la stratégie de soins. Reste à voir si les moyens – humains, financiers, logistiques – seront au rendez-vous.

Mais une chose est sûre : après 20 ans, c’est une victoire attendue… et méritée.

4/5 - (8 votes)
Léa D.
Léa D.

Passionnée par le monde du travail, Léa D. écrit sur les tendances du recrutement saisonnier. Avec plusieurs années d'expérience dans le domaine des ressources humaines, elle partage des conseils précieux pour les employeurs et les chercheurs d'emploi.