Une mauvaise surprise attend certains retraités du secteur privé début 2026. Même si les pensions de base vont légèrement augmenter, les retraites complémentaires Agirc-Arrco risquent, elles, de chuter. En cause : un gel des revalorisations et une hausse de la CSG. Mais qui est concerné, et à partir de quand ? Voici ce qu’il faut savoir pour éviter les mauvaises surprises.
Un gel des pensions Agirc-Arrco depuis novembre 2023
Contrairement à la retraite de base revalorisée chaque 1er janvier, la retraite complémentaire Agirc-Arrco est habituellement réajustée au 1er novembre. Mais en 2023, les partenaires sociaux n’ont pas trouvé d’accord sur la hausse prévue. Résultat : aucune revalorisation n’a eu lieu, malgré l’inflation.
Près de 14 millions de retraités du secteur privé sont concernés. Leur pension complémentaire stagne donc depuis novembre 2023, sans tenir compte de la hausse du coût de la vie. Un premier coup dur.
Une hausse de la CSG qui aggrave la situation
Le deuxième choc arrive début 2026. Il concerne la contribution sociale généralisée (CSG), prélevée sur les pensions de retraite. Ce prélèvement dépend du revenu fiscal de référence (RFR), et les seuils changent chaque année… mais cette fois, le décalage joue en défaveur des retraités.
Voici les différents taux actuels de la CSG appliqués aux pensions :
- 0 % pour les plus modestes (exonérés)
- 3,8 % : taux réduit
- 6,6 % : taux médian
- 8,3 % : taux plein
Ces taux dépendent des revenus perçus en 2024, qui seront pris en compte pour le barème de CSG applicable en 2026. Le problème ? En 2024, de nombreuses pensions ont été bien plus revalorisées que le barème CSG.
Par exemple, les retraites de base ont été revalorisées de 5,3 %, contre seulement 1,8 % de hausse pour les seuils de CSG. Résultat : de nombreux retraités vont basculer dans une tranche de prélèvement supérieure.
Les seuils de revenu CSG pour 2026
Voici le barème prévu pour 2026, selon les parts fiscales de chaque foyer :
| Parts fiscales | 0 % | 3,8 % | 6,6 % | 8,3 % |
|---|---|---|---|---|
| 1 part | ≤ 13 048 € | 13 049 – 17 057 € | 17 058 – 26 470 € | > 26 470 € |
| 1,5 part | ≤ 16 530 € | 16 531 – 21 611 € | 21 612 – 33 536 € | > 33 536 € |
| 2 parts | ≤ 20 014 € | 20 015 – 26 165 € | 26 166 – 40 604 € | > 40 604 € |
Pour savoir dans quelle tranche vous vous situez, consultez votre revenu fiscal de référence 2024, indiqué sur votre avis d’imposition reçu à l’été 2025. Si vous dépassez un plafond, vous changerez de taux de CSG… et cela aura un impact direct.
Un prélèvement rétroactif en mars 2026
La nouvelle tranche s’appliquera uniquement à partir de mars 2026. Les pensions de janvier et février seront encore soumises à l’ancien taux. Cela pourrait sembler rassurant… mais en réalité, c’est tout le contraire.
En mars, le prélèvement CSG correspondra non seulement au nouveau taux pour ce mois, mais aussi à un rattrapage sur janvier et février. Cela signifie une forte retenue sur la pension de mars pour les retraités concernés.
Concrètement, une brusque chute de votre pension nette Agirc-Arrco, qui risque de surprendre si vous n’êtes pas bien préparé.
Comment anticiper la baisse ?
Surveillez dès maintenant votre RFR de 2024. Si vous êtes proche d’un seuil, il peut être utile d’ajuster certains revenus ou placements pour éviter de « sauter de tranche ». Parlez-en avec un conseiller fiscal ou un spécialiste retraite.
Pensez aussi à revoir votre budget en prévision du mois de mars 2026. Cette chute ponctuelle pourrait peser lourd sur vos finances mensuelles.
En résumé
- Les pensions Agirc-Arrco sont gelées depuis novembre 2023
- La CSG va augmenter pour de nombreux retraités à partir de mars 2026
- Cette hausse entraînera un prélèvement rétroactif sur trois mois
- Résultat : une baisse nette de pension pour ceux qui changent de tranche
Consultez votre avis d’impôt, anticipez, et ne laissez pas cette baisse vous surprendre.




